Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 11:34

au revoir

 

 

Je n'ai jamais été très douée pour dire au-revoir. Trop d'émotions brassées sans doute. Je dis à la va-vite et puis 5 minutes après je me dis que j'ai oublié plein de choses. Tant pis, je vais faire de mon mieux...

 

Depuis un bon moment déjà, je sens que quelque chose en moi se termine. Un processus, peut-être, une renaissance, allez savoir. Ma thérapie aboutie, je ne sais plus comment aborder ces pages, quoi partager et comment. Non que j’ai envie de les rejeter, c’est juste que j’ai besoin de mettre un point final.  

 

Je les traîne depuis longtemps. Trop longtemps. Elles sont nées dans un passé qui n’est plus et dont j’ai fait le deuil. Elles m’ont aidé à grandir et à changer de peau. Vous m'avez aidé aussi à le faire. Vous qui m'avez donné vos avis, vous qui m'avez soutenu ou ôté les doutes sur la maman que je deviens encore. En cela je ne pourrai jamais supprimer le contenu de ce blog. C'est un bout de ma vie. J’aime ce que je suis devenue. Et j’aime ne plus avoir besoin de lui pour avancer.

 

 

adieu

 

Je ne pourrai jamais voir s’afficher, « ce blog n’existe pas » et cela pour une seule et simple raison. Excellente même. C’est ici, entre deux commentaires, après avoir usé de subterfuges et autres stratagèmes (me mettre à écrire des articles introspectifs à foison, par exemple ;o) pour attirer un lecteur perdu sur un blog ami et pourtant concurrentiel (vacherie ;o) dont je lisais, avides, les commentaires toujours mûris, toujours précis, vers chez moi... ;o) C'est au détour d'un billet sur mon grand-père au violon qu'il s'est enfin montré... Je l'ai tant relu, ce premier commentaire (soupir)... Etonné que LUI, vienne ME lire...

 

Et oui, ce blog a vu l’arrivée de Phin. Nos premiers échanges, qui appelaient tant d'autres conversations. Nos avis si proches, nos âmes si jumelles, avant que la réalité ne dépasse de très loin (mais pas tant que ça finalement parce tout ce que nous sommes était contenu dans nos mots, déjà), la virtualité de nos échanges.

 

 

au revoir1

 

Ce blog est devenu trop étroit, trop ancré dans « hier » pour contenir tout ce que demain nous promet…

 

Le transit entre moi et Moi est terminé.  J’embarque pour une nouvelle vie (enfin, très bientôt, après le dernier long hiver belge qui nous attend) !

 

nouvelle vie

 

Pour ceux qui ne le savent pas encore, je continue d’officier sur Tazouphi. Ce chez-nous que nous avons bâti il y a quelques mois. Un jardin virtuel encore qui nous permet de faire aller nos plumes au gré de tout ce qui nous interpelle...

 

J'ai également créé un blog dédié au scrap, une passion qui m'anime depuis quelques temps maintenant : Ma vie en couleurs .

 

Merci à toutes celles et ceux qui ont fait vivre ces pages. Qui sont seulement passés ou restés. J’ai été ravie de vous « rencontrer », de faire un bout de chemin à vos côtés autant que de découvrir vos univers. Je reste pas loin, dans la blogosphère…

 

Je vous souhaite tout le meilleur pour la suite !

 

A très bientôt sous un ciel ou un autre…

 

 

paradis

 

 

Par Tazounette - Publié dans : Ma life
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 21:43

 

 

tourner la page

 

Je suis arrivée dans un très beau jardin, les bambous agités par un vent rendu violent par des nuages menaçant précédant les orages. Comme le papier me l’indiquait, je suis entrée dans la cabane au fond du jardin (cela me rappelle Cabrel et ça me fait sourire). Je m’affale dans le divan qui est là. Choisis un magazine pour passer le temps et attendre. Je passe environ 15mn de la sorte, avant d’apercevoir, près des piles de magazines et brochures en tout genre, un boitier serti d’un bouton bleu près duquel est posé une petite note écrite à la main « appuyer fort dès votre arrivée », inscrit au marqueur rouge. Et mince. 15mn perdues pour rien, alors que mes pauses déjeuners ne sont pas si longues que je l’aimerais, parfois. J’appuie. Puis regarde par la fenêtre et je la vois approcher. Deux mois qu’on ne s’est pas vues. Vacances obligent. Elle m’ouvre et m’emmène dans son nouveau cabinet. Qui n’est autre qu’une pièce de sa maison. Cela ressemble fort à une véranda aménagée, avec dans le fond un immense rideau sombre, histoire de délimiter les espaces.

 

Ce nouvel espace est des plus agréables. Rien à voir avec les deux cabinets précédents qui ont vu nos séances hebdomadaires. Plus spartiates, bien qu’agréables, ils laissaient une impression de temporaire.  Je regrettais presque la fin de notre travail en découvrant l’endroit. Les murs de brique offrant une chaleur incomparable, que seules les maisons du nord savent offrir. Une cheminée en pierre écrue face à moi. Un tapis zébré, un grand canapé rouge face à son fauteuil en cuir sombre. Un immense jumbé rouge sang et des peintures, des armes africaines. J’avais une impression de voyage. De bien être aussi.

 

Je ne savais pas comment entamer la séance. Je savais qu’il était temps d’aborder le vrai sujet. Cette séance que je voulais la dernière. Je me suis emmêlée les pinceaux. Lui rappelant la dernière conversation avant les vacances, lorsqu’elle avait été l’instigatrice de cette proposition, celle de terminer ce travail dès la rentrée. Moi, encore toute imprégnée de nos semaines de travail, dont les séances, espacées à 15 jours m’avaient permis déjà, de le mettre à distance, sans parvenir toutefois à envisager la fin… Et puis, lentement, pendant l’été, l’idée s’était faite.

 

Il est pourtant si difficile d’oser dire à un moment donné « c’est fini », lorsqu’on a défait tant de nœuds, apaisé tant de maux au fil de ces quelques 3 années de discussions et  d’expérimentations diverses. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence : à un moment donné on « sent » la fin venir. La sérénité, la confiance en soi, cette place dans ce monde qu’on occupe enfin, font que l’évidence prend forme.

 

L’émotion m’a débordée souvent, lorsqu’au fil de cette discussion j’abordais mon évolution et les bienfaits de cet immense chantier qui m’ont rendu à moi-même et qui m’ont permis de faire connaissance avec moi-même, d’ôter toutes ces chaînes qui m’ont pesée si longtemps.

 

J’ai débarqué dans son cabinet, un jour d’octobre, trois ans auparavant. Je n’étais alors qu’une toute petite chose, vidée de tout, pleine juste des larmes que je n’avais pas su verser plus tôt. Désincarnée. Incapable de décider de ma vie, de faire le moindre choix sans m’éparpiller complètement.

 

Après 3 ans d’un travail que j’ai voulu intense, et dans lequel je me suis investie complètement. Soi-disant pour le bien de mes filles, incapable de reconnaître que c’était pour moi seule, quand tous mes choix ont été faits pour d’autres, j’ai changé. Pas dans le fonds, je suis toujours la même, avec le même vécu que 3 ans auparavant. Mais dans la forme. Comme si j’avais trié, mis dans des boîtes numérotées et annotées chacun des souvenirs marquants qui m’ont fait telle que je suis, puis rangé dans ma mémoire, une fois l’ordre rétabli, une fois le chaos revisité.

 

Les bienfaits sont tellement énormes et cela touche à tellement de domaines différents : ma façon d’élever mes filles, de les aimer, de le leur dire, de le leur montrer ; ma façon de conduire, de ne plus me mettre en danger à peine mes fesses dans mon carrosse ; ma façon de parler, plus posée, plus décidée, plus tranchée, plus investie ; ma façon de travailler, d’oser prendre ma place, proposer, imposer aussi, parfois et ne pas démordre de mes positions ; ma façon de ne plus laisser le stress monter, de gérer les soucis au fur et à mesure sans me laisser déborder ; ne plus me dire que je suis incapable, moins que rien et surtout que les autres me sont supérieurs ; laisser les autres où ils sont et investir ma place ; être tout entière à ce que je fais ; ne plus laisser le stress des autres m’envahir ; savoir garder la distance par rapport au père des filles, à ma mère, à ma sœur et toute cette pollution qui en découlait auparavant…

 

Nous avons évoqué tout cela. Puis elle m’a demandé ce qui m’avait aidé, ou au contraire ce qui m’avait été difficile durant nos longs mois de travail. Je n’ai rien caché de mon avis. Sachant qu’il pouvait compter pour continuer dans son métier. Je lui ai dit la difficulté des « mises en situation », de ce que j’appelais ici « exercices ». Tous ces moments où il me fallait vivre et faire vivre les tensions, notamment lorsque je devais changer de tabouret et faire vivre les conversations avec les personnes marquantes de mon entourage en les incarnant tour à tour : le père des filles, ma mère, ma sœur et oser parler pour eux et aller chercher au fonds des choses tous les ressentis, les mots… Les séances d’hypnose aussi qui m’avaient permis de régler les plus gros « nœuds » et les plus vieux aussi. La difficulté parfois de trouver un nouveau fil à tirer en fin de séance. L’émotion qui en découlait et la fin de séance qui arrivait, sa froideur d’un coup qui marquait la distance indispensable au thérapeute pour ne pas s’investir outre mesure.

 

Et puis je lui ai dit la merveilleuse rencontre que ce travail m’avait permis. Notre belle entente qui a fait fonctionner si efficacement cette descente en profondeur. Les remerciements pour la réussite, pour cette sérénité que j’éprouvais désormais. Au fait aussi, que sans ce travail, jamais probablement je n’aurais connu et trouvé mon Phin, toute empêtrée que j’étais dans des enjeux qui me dépassaient et me faisaient immanquablement chercher un bourreau plus que la personne qui me voudrait juste du bien…

 

J’ai osé lui demander ce qu’elle ressentait de voir ce qu’elle avait permis, devant ce résultat, cette réussite… Elle m’a dit son plaisir à avoir vu fonctionner une vraie coopération. Me rappelant certains de ses échecs actuels ou passés sur les blocages que peuvent constituer le simple fait de vouloir « venir en aide » à quelqu’un qui n’est pas foncièrement prêt à s’aider lui-même et la difficulté pour faire naître cette confiance indispensable pour qu’un travail aboutisse. Elle m’a parlé aussi de sa carrière précédente, de son burn-out, de ce sentiment d’être exploitée et de sa libération…

 

Elle m’a demandé comment je voyais l’avenir. Sereinement. Ayant appris les tours que peut jouer la tête pour détourner l’enjeu et que les conséquences tombent ailleurs que là où on s’attendrait à les voir tomber. J’ai appris à dénouer, à comprendre, à réfléchir sur moi-même et plus que tout à prendre de la distance avec les différents stress d’une vie… J’ai aussi appris à me faire confiance.

 

Est venu le moment des remerciements. La boule dans la gorge de dire ces mots qui voulaient dire que la fin était proche, qu’on ne se verrait plus. Que bientôt j’allais refermer la porte sur cette thérapeute qui fut longtemps une vraie bouée de sauvetage. Elle qui m’a permis de me sauver moi-même et plus que tout de m’aimer enfin. Cette base indispensable pour comprendre qu’on est « aimable », que quelqu’un est susceptible à un moment donné d’éprouver de l’amour pour soi.

 

Les larmes ont coulé de mon côté et j’ai vu ses yeux rougis, son émotion qu’elle mettait à distance en jouant avec les mots. Et puis j’ai tendu la dernier billet. Elle m’a dit qu’elle serait ravie que je lui envoie des nouvelles de temps en temps, et que surtout je ne sois pas étonnée de la distance avec laquelle elle me répondrait. Thérapeute oblige. Et puis elle m’a accompagnée à la porte. J’ai refoulé l’envie de lui faire une bise sur la joue. J’ai senti la même retenue. Et elle m’a dit en partant « je te souhaite une bonne vie, Véronique ». Puis elle a fermé la porte sur moi, j’ai grimpé les marches de bois, laissé le jardin derrière moi et j’ai longé le clos jusqu’au portail. J’ai essuyé quelques larmes, savouré mon émotion.

 

Voilà, c’est fini ! 

 

Tant de choses ont été dites, ont été soignées avec son aide. La sérénité retrouvée, j’ai besoin de baisser le rideau et d’en profiter le plus possible.

 

Je suis heureuse d’offrir à mon Phin cette femme toute neuve. Lavée de toutes les chaînes de son passé, lointain ou plus proche.

 

Une femme toute neuve, pour une nouvelle vie à construire. Avec toi. Aussi longtemps que tu voudras de moi, de ma main ouverte dans la tienne.

 

Je suis si émue. Si heureuse.

 

 

Merci, Isabelle, merci du fond du cœur…

 

 

 

« C’était la dernière séance, c’était la dernière séquence... Et le rideau sur l’écran est tombé… »

 

 

 

Par Tazounette - Publié dans : Ce qu'on garde en soi
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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 08:10

 

start stop button

 

 

J’ai mis un temps fou à accepter de faire le deuil de la sœur dont je rêvais.

 

J'ai mis un temps fou à accepter la vie qu'elle s'était choisie pour elle...

 

J’ai mis un temps fou à accepter cette distance qu’elle imposait entre nous.

 

Un temps fou à accepter que je n’étais pas et ne serai jamais cette sœur qu’elle voulait.

 

 

J’ai lutté pour ne pas sombrer lorsque petite elle ne faisait que me malmener, à coups de moqueries, de rabaissements, faisant écho souvent aux critiques de ma mère. Me trouvant du même coup esseulée, sans épaule, sans aide. Cherchant toujours à lui faire plaisir pour espérer un mot gentil, dont j’écopais lorsque je lui étais utile à quelque chose, la porte se refermant sur ma face dès l’instant de congratulation passé, effacé, gommé.

 

J’ai passé des années à lutter pour lui ressembler. Pour devenir potable quand je la trouvais magnifique. Elle, me narguant passablement lorsque la pilule avait gommé son acné et qu’elle ne m’était pas encore permise, amplifiant mes complexes de ce rêve que j’aurais voulu toucher du doigt. Une princesse de glace… Rien ne pouvant réchauffer son cœur de pierre, bien caché sous des atours plus que convainquant. J’étais tour à tour le fou quand elle voulait s’amuser un peu, le larbin quand elle avait besoin de moi et le souffre-douleur le reste du temps. N’ayant ni l’aide de ma sœur lorsque ma mère s’acharnait dans ses colères injustes, ni l’aide de ma mère lorsque ma sœur en profitait. C’est moi qui me plaignais, pas ma sœur qui m’en faisait un peu trop. A moi de me taire, de ravaler ce sentiment amer d’injustice. Lorsque c’est le mensonge qui obtient grâce aux yeux du décideur…

 

Je me suis sentie si seule à donner. Le peu de gentillesse qui émanait d'elle n'était palpable que lorsqu'il y avait un intérêt pour elle, une contrepartie... Jamais de réciprocité, ou si peu. J’aurais tant voulu qu’on soit ensemble, qu’on fasse des choses de filles, parler de nos filles, de nos calvaires de mère ou de femme, parfois…

 

Longtemps j’ai cru qu’elle voulait  que je sois autrement. Plus douce, moins changeante, moins sensible, moins rêveuse, moins optimiste, moins vivante. La vérité est tout autre, je crois. Elle aurait préféré que je ne sois pas. Tout simplement... Je n'étais qu'une ombre sur son tableau... 

 

Lorsque j’ai décidé de changer de vie, que je m’étais échouée ici, à Bruxelles, tentant de tout mener à bout de bras, j’ai eu le malheur de m’épancher un rien au téléphone, de lui raconter un peu la façon dont je me sortais de tout ça. Sa seule réponse : « Ecoute, moi aussi j’ai mes problèmes, alors ta vie, tu te la gardes pour toi !». Je lui ai raccrochée au nez aussi sec. Le coeur cognant comme à son habitude quand il s'agissait d'elle... Je ne l’ai plus jamais rappelée depuis. C’était il y a plus deux ans. Epoque où j’ai reçu un mail tout aussi froid m’expliquant que les seuls rapports qu’elle entendait entretenir avec moi étaient de l’ordre de la juste distance, employant l’image des hérissons pour que je comprenne mieux ce qu’elle tentait de m’expliquer. La juste distance pour que les piques ne fassent jamais mal. La juste distance, une chose qui est de mise, pour moi, lorsqu'on se frotte à des gens qu'on ne connaît pas, et qu'on reste sur son quant-à-soi. Mais avec sa famille ?!? Ce àA quoi j’ai répondu que dans une famille on était censé accepter les autres tels qu’ils sont et les aimer ainsi, malgré tout.

 

J’ai mis un an à accepter le simple fait qu’elle ne m’aimait pas. Je ne le comprenais pas. Moi, j’aime les miens de façon inconditionnelle… Enfin, il me semble. Même si j’aurais préféré parfois que ma mère ait été autrement, que ma sœur soit plus ceci ou cela. Mais l’amour est là, malgré tout. Je n’acceptais pas que ma sœur ne veuille rien de moi, ni pour moi, même que j’aille mieux.

 

Tout au long de notre enfance et une partie de notre adolescence, nos rapports n’ont été que conflits : jalousie, bagarres incessantes, envie. Dès que les cousins faisaient partie des vacances, elle se les accaparait et me mettait à l'écart, mais de bien moche façon en faisant des blagues que je ne pouvais pas comprendre, des choses de grande. Je regardais son oeil méchant, sa lèvre retroussée et son petit rire de fierté, les cousins riant de même, et moi d'un seul coup couverte de honte. Je trouvais refuge auprès de ma grand-mère qui m'aimait plus que les autres. Et j'étais bien près d'elle, son optimisme à toute épreuve détaignant un peu sur moi...

 

Ma mère n’était pas étrangère à cette ambiance pipée… Ma mère a toujours cherché à attirer l’attention, à être au centre des débats, quels qu’ils soient. Et je suppose aisément que c’est elle en grande part qui a aiguillé les choses, sachant qu’il n’en fallait pas plus au caractère louvoyant de ma sœur… Je ne dis pas que j’étais blanche comme une oie… Point du tout. Moi, le grand cœur en mal d’amour, j’étais prête à tout pour attirer l’attention de ces deux grandes dames. Quitte à me satisfaire d’une attention négative : disputes diverses, engueulades ou remontrances plutôt que la moindre indifférence.

 

Depuis quelques années, ma sœur a besoin de rejeter les siens. De vivre une rupture. D’abord elle l’a fait en tentant de changer ma mère. Elle luttait contre ma mère de toutes ses forces dans la moindre conversation. Et ma sœur en pleurait de lui exprimer le « non », le refus, le rejet, le « non ce n’est pas toi qui a raison ». Et j’écoutais leur guerre si vaine. Ma mère ne changera jamais, elle aurait pu le faire, apaiser ses tourments dans un travail du même genre que le mien… Mais elle n’a pas envie, ni besoin de changer. Elle en souffrirait bien plus, de ne plus avoir l’ascendant sur personne, c’est ça qui la fait exister… Alors je regardais ma sœur exprimer ce qu’elle n’avait jamais osé exprimer pour tenter de faire tomber la tour. Elle n'est jamais tombée. C’est peine perdue…

 

C’était à Noël, l’année 2008. Nous étions tous réunis. L’ambiance était atrocement pesante. Quelques restes nauséabonds d’une franche dispute entre ma mère et ma sœur, l’été précédent, fleuraient ici et là. Une hypocrisie latente comme savent si bien les faire toutes les familles du monde, lorsqu’aucun sujet n’est bon à aborder au risque de troubler l’ordre qui semble régner. Lorsque l’air de la pièce est si lourd, tous les cœurs semblant scruter les autres alentour. On évite de se regarder trop longtemps, on se sourit pour éviter les sujets qui fâchent. On parle pluie et beau temps. On tente d’oublier les haussements de tons qui font les rapports entre Papa et Maman, lorsqu’ils partagent une cuisine et qu’aucun n’est content des agissements de l’autre « sur son terrain »… Et puis le matin du 25 est arrivé. Tous rescapés de l’effroyable réveillon plombé de la veille, l’électricité à son comble. Il suffisait d’une étincelle pour que tout explose et elle n’a pas tardé à apparaître… Il était 8h00 environ lorsque tous ceux de la maisonnée se sont réveillés : mon frère, mes parents, les cousines (mes filles, celle de ma sœur) et moi. Ma sœur et son mari dormant dans les chambres derrière la piscine. Nous attendions l’arrivée de ma sœur et mon bof avant de réveiller les petites et de leur faire découvrir le sapin orné de cadeaux… Ca piaillait sévère du côté de leur chambre. Et le temps passait. Ils sont arrivés vers 10h30. Et j’étais offusquée. Nous ne nous sommes pas préparés pour les attendre. Les filles commençaient à pleurer. Pas plutôt entrée, je tombe direct sur le râble de ma sœur… Il faut savoir que durant toute cette attente, les langues se sont déliées : mon père y est allé de ses petites phrases, envenimées par ma mère, et la sauce ayant bien prise, c’est mon Taz qui fut un sémillant détonateur.  Je lui ai rappelé que Noël était la fête des enfants et qu’on était censé se lever tôt pour que les filles aient un semblant de fête. Pas de chance, mon bof était malade. 40 de fièvre, le pauvre ! C’est sûr, à son âge, on encaisse pas ! Et alors ? C’est pour ça qu’on gâche le Noël de 3 gamines ? Je suis devenue hystérique comme peut l’être un Taz qui attend avant de lâcher son fiel… Et ma sœur de nous demander depuis quand on laissait pleurer des enfants « dans cette maison » !!!!

 

J’ai appris 6 mois plus tard, que ma pauvre sœur ne s’était pas remise de mon humeur du 25/12/2008. Comment voulez-vous qu’on se comprenne ? Je suis un volcan, elle est une mer qui veut rester d’huile. Elle a peur des moindres ronds dans l’eau, du moindre soupçon de vague. Elle confond petite brise et tempête. Je suis le feu, elle est la glace. Elle a peur des sentiments, elle a peur des humeurs. Elle a besoin d’une constance qu’on ne peut pas lui donner, que la vie même ne pourra jamais lui donner ! Elle confond énervement, impatience et profonde colère… Elle confond calme feint et sécurité… Et pour combler le tout, elle écope d’une mère et d’une sœur totalement volcaniques.

 

Certes mon père et mon frère sont encore de cette trempe et peuvent faire contre poids, mais est-ce que cela veut dire que tout est compromis entre elle et nous ?

 

Je le crains... Et c’est la raison pour laquelle j’ai cessé, grâce à mon travail psy, d’avoir des attentes vis-à-vis d’elle, que j’ai arrêté d’espérer d’avoir un jour une sœur conforme à mes attentes. Comme j’ai arrêté d’espérer être un jour conforme aux siennes. Et j’ai eu mal au cœur si longtemps de savoir qu’on avait déjà passé plus de 30 ans à se passer à côté et qu’il allait falloir continuer, parce que…

 

Durant toute l’année écoulée, ma sœur a rejeté mes parents, leur déversant des mails d’une saleté hallucinante, à la limite de l'ordurier. Des relans de vieilles rancoeurs non digérées et brassées à l'infini dans une tête rompue à la mauvaise foi, au calcul, au mensonge...  Décortiquant leurs propos pour leur faire dire ce qu’elle voulait entendre. Elle a été odieuse. Ignoble. Terrassant chaque tentative de ma mère pour regagner son cœur. Et fermant portes sur portes sur ma mère qui ne comprenait pas… Et entre deux conquêtes de ma mère, cette dernière déblatérait sur le compte de son aînée à grands coups de verbes. Théâtral. Trop intense pour être vraiment honnête. Elle tentait juste de se convaincre elle-même, et moi j'ai pris cela pour argent comptant. Elle m’a trompée. Elle m’a convaincue que finalement elle n’irait plus lui courir après. Je l’ai crue, malheureuse que je suis ! J’ai oublié que lorsqu'elle est si vindicative et si acerbe, ce n'est que dans l'espoir de faire taire son grand coeur pour simplement paraître au-dessus de tout quand son coeur est en plein dans la mouise. Sa façon de flatter, d’abonder dans le discours de l’autre pour lui soutirer les confidences. Et puis, parce qu’on est traître ou qu’on ne l’est pas, alors que je croyais qu’elle avait tiré un trait sur cette odieuse gamine qui vivait son adolescence à 37 piges, alors que je croyais qu’elle allait attendre que ce soit sa fille qui revienne vers elle, ventre à terre, ma mère m’a appris qu’elle était allée lui rendre visite il y a peut-être 2 ou 3 semaines. Et que c’était de nouveau le grand amour depuis ! 

 

Mère un jour... (Ironie du sort !)...  

 

Une question, cependant, me taraude : Quelle est cette chose dont ma sœur a besoin pour laisser ma mère revenir ainsi ?

 

Lorsque j’ai compris que je n’avais plus à courir après des illusions, j’ai stoppé net tout rapport avec elle. J’ai tout de même reçu un mail plus que douteux l’hiver dernier. Ma sœur pensait que je ne lui répondais pas "parce que j’étais vexée" qu’elle ne soit pas venue à Noël. Je lui ai juste répondu que les rapports qu’elle tentait vainement d’instaurer avec nous ne m’intéressait plus désormais. J’ai jeté la boîte e-mail qui recevait encore ses diatribes et j’étais bien tranquille. En vérité.

 

Jusqu’à ce qu’elle trouve ma nouvelle adresse et qu’elle m’écrive à nouveau des mails, depuis une semaine… Des mails bizarres, où elle me sert des vérités qui ne sont pas d’elle, des phrases toutes faites. Et je déteste lire ces mots et ne pas la voir dedans, ELLE. N'y voir aucune intention pour moi, juste une politesse... J’y vois des mots, des tournures, vides et froides. Je déteste. Je déteste être dans la position de « devoir répondre » et savoir que ce qu’elle attend en retour c’est le même vide dont elle m’affuble. Des politesses aux entournures, des galipettes hypocrites pour faire croire à n’importe quoi. Quand on sait que derrière, il n’y a pas de mieux. Elle garde juste à l’esprit qu’on va lui garder sa fille pendant 1 semaine, et cela suffit pour qu’elle se sente obligée de flatter son monde. J’ai répondu froidement. Sans lui donner davantage ni même les informations qu’elle demandait. Pourquoi vouloir me faire croire que ma vie l’intéresse quand elle m’a déjà dit que la sienne lui suffisait ? Elle ne voulait pas du mauvais, pourquoi lui servir du bon ?

 

Elle a trouvé chez ma mère les informations qu’elle souhaitait obtenir et m’a écrit un second mail pour bien me montrer qu’elle avait réussi à les obtenir malgré tout... La vie est un éternel recommencement, je le crains fort. Qu’elle recommence donc toute seule, si ça lui chante. Qu’elle revienne donc la bouche en cœur sans demander pardon aux autres.

 

Elle ne passera plus par moi !!!

 

Faire comme si de rien n’était. Garder ma ligne directrice. J’ai dit NON. C’est fini pour moi. Je sais que lorsque la joie sera passée d’avoir laissé sa fille à garder à nos parents, elle trouvera un autre prétexte pour leur claquer la porte au nez. C’est son petit jeu. Le même qui amuse tant les petits chatons. Un fil de laine plus ou moins long, qu’on tient fermement et tantôt on le lui donne, tantôt on le lui enlève. C’est un jeu infaillible. Le chaton devient fou…


Ma sœur tient le fil. Et ma mère est ce petit chaton qui veut jouer, qui veut le lien avec elle. Elle ne se rend pas compte que ma sœur joue. Joue avec elle de la plus abjecte des façons.

 

Je n’espère qu’une chose : que ma mère s’en rende compte. Qu’elle arrête de donner à ma sœur ce qu’elle attend, qu’elle arrête d’être sa victime. Mais ma mère aime les causes perdues... Elle a couru vers ma soeur sans avoir peur des balles perdues. Elle se pense tellement gagnante... 

 

Elle me fait tant et tant de peine...

 

  

Que ma soeur passe donc à côté de sa vie et de la nôtre, elle n’est pas une belle personne ! 

 

 

 

Par Tazounette - Publié dans : Ce qu'on garde en soi
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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 21:48

 

anais-aout-2008

 

 

C’était un soir, ma grande et moi étions dans le salon, assises sur le canapé. Petit moment câlin volé à nos folles journées… Ca criait chez les voisins du dessous. Comme d’habitude. A quoi j’ai répondu « chez nous aussi, ça crie parfois ». Et ma grande me regarde, de ses grands yeux verts qui me font tant chavirer et me répond : « Oui, mais toi, tu dis pardon ». Et mon cœur a bondi. L’émotion s’est amassée dans ma gorge en quelques secondes. Tant de choses sont venues s’y loger, en une fraction de seconde…

 

C’est si difficile d’être mère. Je veux dire, pas seulement d’avoir l’enfant, pas seulement d’être là et de ‘jouer à la maman’, de faire ce que l’on croit bon, d’essayer de faire dans la vraie vie comme on lit les conseils de spécialistes en essayant de ne pas être ni trop injuste, ni trop sévère, ni trop laxiste, en laissant par ailleurs du temps à tout : la mère et la femme, celle qui travaille, celle qui aime, celle qui joue, celle qui éduque… C’est si difficile et il faut tellement pouvoir se tourner vers autrui, ne plus être seulement centrée sur soi, tout en ne s’oubliant pas…

 

Je me suis haïe en mère pendant si longtemps. A tout tenter pour sourire, pour feindre quand c’était le chaos à l’intérieur de moi. Lorsque les nuits n’étaient jamais pour dormir ou si peu, lorsque les petites ne faisaient rien sans moi : ni manger, ni s’habiller, ni parler, ni jouer, ni marcher, ni découvrir… C’était si dur. On ne le dit pas assez. On nous rebat les oreilles avant d’avoir des enfants : « Vous verrez, c’est merveilleux ». Quelle bande de menteurs… C’est merveilleux après. C’est d’abord usant, culpabilisant, fatiguant, déprimant. Et il faut tellement tout bien faire comme il faut.

 

Et tous ces livres, magazines, préceptes de pédiatres, la bonne morale par-dessus, et les projets de loi discutés. Tout est fait pour rendre notre tâche aussi ardue que possible. Pour rendre nos choix aussi cornéliens que possible : faut-il punir ? Faut-il donner une fessée ? Faut-il gronder ? Comment jouer à chaque âge ? Quand faut-il diversifier ?  Que leur donner à manger ? En quelle quantité ? Combien de temps doit durer le bain ? Combien de temps entre chaque biberon ? Tout est si théorique, tout est si précis, tout est tellement peu naturel… Et les risques ceci. Et les risques cela. « Oh surtout pas faire dormir ton petit sur le ventre, tu n’y penses pas, as-tu lu les statistiques ? ». Non, j’ai pas lu les statistiques, tu les lis, toi à chaque fois que tu prends ta caisse, ou chaque fois que tu dépasses la vitesse de 10km/h ??? Non. Bien sûr que non. Et heureusement, sinon on ne vivrait que dans la peur. La peur constante de mal faire, de se planter ou de mourir, ou de faire mourir. Celle qui fait culpabiliser du moindre choix qui s’impose…

 

L’instinct. Suivre son instinct, parfois, parce qu’on sait, nous, en temps que mère ce qui est bon pour notre enfant…

 

Longtemps je n’ai pas aimé la mère que j’ai été. A fleur de peau. Prête à hurler pour le moindre truc qui allait de travers. Prête à renoncer si souvent. Les larmes aux yeux ou dans la gorge de ne pas savoir y faire. Regardant ma petite âgée de quelques mois à peine, chercher le réconfort et le sommeil dans ce petit lit qui paraissait alors si grand autour d’elle, alors que ses pleurs loin de s’apaiser contre mon sein, s’amplifiaient à tout rompre. Le cœur en vrille de ne pas savoir bercer mon bébé… Ce sentiment d’impuissance qui me prenait toute entière et me faisait tant culpabiliser. « Quelle mauvaise mère, je suis »… Pensais-je alors…

 

Et je l’ai pensé si souvent. Lorsque les nerfs me lâchaient. Lorsque je n’arrivais pas à tout faire en 24 heures. Lorsque les filles criaient, ou pleuraient ne sachant pas encore parler, ne pouvant pas encore dire ce qui les tourmentait. Et moi qui essayais de deviner, qui n’y parvenait pas. Puis les assiettes qui tombaient par terre, les choses cassées parce que les gestes n’étaient pas encore maîtrisés, et puis les tests. Tant de tests pour connaître les limites de maman. Et ne pas renoncer, les mettre, les dire, les imposer. Et se détester de crier, de mettre une tape, petite ou plus grande parce que dans sa propre tête c’est tellement le chaos qu’on ne peut pas prendre le temps. Le temps on ne l’a pas, jamais ! Comme une sensation constante d'avoir toujours un ou deux trains de retard ! Alors on crie, on s’énerve, on perd patience et on pète les plombs ! Comme une sensation d'être toujours entre deux eaux, prête à couler, et tenter malgré tout de rester à flots... La chute toujours à côté de soi, et cette sensation d'échec qui nous colle à peau. 

 

Lison-août-2008

 

Et même une fois partie, et même une fois chez moi, et même une fois les filles un peu plus grandes... Il faut le temps, beaucoup de temps pour apprendre. Pour aller au-delà de soi, pour guérir ses propres tourments pour être enfin ouverte totalement à ses enfants. J'aimerais que le travail sur soi comme j’ai pu le faire, ne soit pas entaché d'une aura si péjorative. Non, un travail psy ce n'est pas un travail pour les "fous". C'est une aide inestimable qui est offerte pour se trouver soi-même au-delà de tout ce qu'on peut traîner de si lourd et encombrant et qui s'avère après tout le déroulement, si inutile. Toutes ces barrières que l'on se crée malgré soi à la paix intérieure. Ce devrait être remboursé par la sécu.  Et je ne parle pas du travail psy, comme c'est montré dans la plupart des films, les analyses qui durent 15 ans et qui ne règlent aucun des soucis qu'il est censé résoudre, où le praticien ne fait qu’empocher des sous pour écouter et aiguiller d’un mot savant pour remettre à la fois prochaine la suite incessantes de confessions infructueuses. Non, je parle d’un vrai travail, d'une vraie coopération, un vrai coaching, où le praticien s'investit autant que celui qui en a besoin pour connaître d’où l’on vient et pourquoi. Pourquoi on est devenu ce qu’on est devenu. Pourquoi on se traîne tout ce barda et les raisons pour lesquelles on laisse jouer tous ces enjeux malgré soi... Et guérir de sa propre histoire, de tout ce qu’on a reçu ou mal vécu et qui pollue parfois tout ce que l’on peut être dans le présent, ou faire, ou penser, ou réagir…

 

Ce travail m’a permis d’être la mère que je suis aujourd’hui. Celle qui n’est plus hantée par son passé. Celle qui ne calque plus ses propres peurs sur ses enfants. J’ai lâché la froideur et la colère, celles dont j’avais héritées de ma mère et que je reproduisais indéfiniment comme une malédiction transgénérationnelle, souvent pour de mauvaises raisons, tout le temps, à vrai dire… J’ai lâché cette vérité ultime qui disait que « toi, tu te tais, c’est l’adulte qui a raison »… Ce poison qui m’a fait toujours chercher l’adulte hors de moi, même quand je l’étais devenue depuis longtemps. La vérité ne pouvant jamais venir de moi, toujours des autres. On m’a appris à ne pas me faire confiance. Oh, ils ne l’ont pas fait exprès. Ils ne pensaient pas que ça dériverait à ce point-là, et pourtant. Tant de tourments issus de ces vérités assénées, que je ne pouvais jamais réfuter pour faire entendre ma voix, ma différence…

 

Je fais mon possible pour laisser parler mes filles, pour les laisser s’exprimer. Et, lorsque parfois je m’énerve pour des broutilles, j’apprends à m’excuser. A leur dire « là, je n’aurais pas dû me mettre en colère, je l’ai fait pour de mauvaises raisons, j’en suis désolée ». Et je ne suis pas fière quand je le fais. Mais je veux juste leur montrer que je ne détiens pas la vérité, que ma parole peut être faillible, mais qu’elles peuvent me faire confiance parce que je suis juste. Et pour moi, c’est fondamental. Et j’aime tant voir qu’elles ont compris ! Ecoper d’un « je t’aime » de ma petite, suite à une remontrance, expliquée et comprise parce que justifiée. Voir qu’elle oublie immédiatement parce que c'est catalogué, dans l'immédiat de l'explication donnée… 

 

Et maintenant, parce que je suis tournée vers elle, que j'ai réglé tous les couacs du moi, que l'organisation est rôdée, j'ai toujours un train d'avance. Cela me permet d'anticiper, de ne pas me laisser surprendre, de réagir dans l'immédiat, de ne plus me laisser déborder et de faire des surprises, des choses un peu différentes de d'habitude parfois, de passer un temps infini à câliner mes filles, leur raconter des histoires ou leur chanter des chansons, ou danser même. Et puis aussi parce que j'ai trouvé ma perle de Phin, qui est d'une patience et d'une tendresse envers elles qui me touche à chaque instant. Il est là, il prend sa place, auprès de moi et auprès d'elles. Sans brusquer les choses, ni s'imposer, il est là, à l'écoute et je sais qu'elles savent apprécier cette discrétion autant que sa présence qui prend tellement "soin" de nous...

 

Mes filles partent en vacances vendredi prochain et je ne les retrouverai qu’en août. J’ai mal de les laisser vivre leur vie pendant ces semaines. Pas une souffrance égoïste qui fait dire « elles sont à moi, pour moi » ou « comment vont-elles faire sans moi »… Elles feront très bien sans moi, parce que d’autres s’en chargeront. Ils ont toute ma confiance. Mes filles ne sont pas à moi, elles sont à elles seules. Et c’est Khalil Gibran qui le dit le mieux « Vos enfants ne sont pas vos enfants. ( …) Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous. Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées. (…) Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image. Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier. »


Et je suis fière de leur permettre de passer des vacances merveilleuses avec leurs grands-parents, à vivre d’autres choses, à voir d’autres visages, à vivre d’autres journées, avec d’autres règles que les miennes. Je ne détiens pas la vérité pour elles, mais une vérité, une seule dans la multitude des bonnes choses qu’elles ont à vivre. Toutes les expériences sont bonnes à vivre, avec les gens qu’elles aiment. Je leur dis au-revoir à l’intérieur de moi depuis une bonne semaine. Petit à petit, je me fais à l’idée, difficile, de ne plus leur donner de baisers, de ne plus les serrer dans mes bras, de ne plus leur chatouiller les joues de mes cils-papillons, de ne plus leur glisser de je t’aime à l’oreille, de ne plus les regarder grandir et s’épanouir de mes yeux avides. Je m’y prépare doucement, préparant la mère à la mise en veille, mon cœur hurlant tout mon amour, mon cœur vrillé à l’idée de les donner mais ne pas leur dire est ma victoire. Ne pas leur demander si maman va leur manquer est ma victoire. Elles ont tant de belles choses à vivre hors de moi et plus vite elles y seront préparées, au plus le départ du nid leur sera plus facile. Mais je ne les prépare pas seulement à partir. Je leur dis aussi que je serai là à leur retour, toujours…


Je voudrais parfois pouvoir leur montrer mon cœur à nu. Tout ce qu’il éprouve pour elles. Tout ce qu’elles m’ont permis pour être cette mère aujourd’hui. Et cette femme qu’elles regardent de tout leur yeux quand je me prépare et qu’elles m’abreuvent de « tu es belle maman ». Mais si seulement elles savaient que je suis bien parce qu’elles sont. Parce qu’elles ont été, un jour. Parce qu’elles sont sorties de moi et m’ont amené vers ma vie, tout doucement…

 

Vers la plus belle des vies.

 

Pour moi.

 

Pour elles…

 

 


 

Par Tazounette - Publié dans : Mes ouailles !
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 14:57

 

paix intérieure

 

Hier, pour la première fois depuis deux ans et demi nous avons reconnu que peut-être le travail était fini.

 

Elle m’a demandé comment je vivais les séparations « en général ».

 

Ni bien, ni mal. Avec nostalgie. J’ai du mal à quitter. A me dire « plus jamais ». A dire au-revoir.

 

Et puis en songeant à tout le bienfait de ce travail, l’émotion m’a gagnée. Et j’ai laissé aller mes larmes…

 

Pourquoi ?

 

Parce ce travail m’a permis la plus belle des rencontres. La mienne.

 

J’ai trouvé ce cheminement incroyable. J’ai aimé dérouler les pelotes emmêlées, tirer les fils et dénouer les nœuds.

 

J’ai aimé comprendre d’où je venais, comprendre les pourquoi qui m’avaient mené jusque là. Comprendre que ce n’était pas une fatalité, qu’il y avait des raisons à cela. Bien des raisons.

 

J’ai aimé pardonné à tous. Oter et éloigner de moi toute cette colère que je remuais depuis tant et tant d’années, sans comprendre ni ses tenants, ni ses aboutissants.

 

J’ai aimé aller au cœur de mes tourments de petite fille ou de femme et comprendre que j’étais la seconde comme j’ai été la première. Avec maladresse, comme je pouvais « parce que… ». J’ai aimé remonter le fil pour soigner la petite fille et apaiser la femme du même coup, comme un tour de magie où l’objet disparaît pour mieux réapparaître ailleurs, sans savoir si c’est le même ou un autre…

 

J’ai pleuré parce que c’est ma façon à moi de quitter. Vivre la séparation, vivre la fin intensément en me remémorant tout le bon de ce choix-là, sans être ni pressée de l’issue, ni vouloir continuer quelque chose qui n’aurait plus la profonde utilité d’antan.

 

Je sais que je n’en ai plus besoin. Que mes pelotes sont dénouées, rangées. Je sais aussi que plus rien ne pourra me faire entrer à nouveau dans les brouillards d’autrefois. J’ai mon socle désormais bien solide. Plus personne ne pourra me mettre à mal. J’ai appris l’indulgence envers moi-même. J’ai trouvé l’estime en cours de route et la confiance en corollaire. Je sais désormais que je peux regarder tout le monde bien en face, en gardant les épaules droites sans cette peur qui autrefois me paralysait. Je n’ai plus besoin de me faire toute petite.

 

J’existe. Je suis.

 

Bien dans mes bottes. Bien dans ma vie. Bien dans mon corps (même si j’apprends à faire avec tous les jours, cette indulgence-là étant bien plus compliquée que l’autre).

 

Je n’ai plus peur de demain. Mon demain à moi sera rayonnant et pas seulement parce que j’ai un homme merveilleux à mes côtés et des filles incroyables. Simplement parce que je sais que ma route est au creux de mes mains, de mon cœur et de ma tête.

 

Je sais que je peux tout entreprendre. Il y a tant de routes possibles pour moi, désormais. Même si je n’en ai qu’une en vue (celle du cœur), je sais qu’au niveau professionnel par exemple, si je ne fais pas une chose, j’en ferai une autre, ou une autre et je n’ai pas peur de ce que je choisirai. J’ai confiance en moi.

 

Et connaître cette multitude. Attendre de trouver LE projet. Chercher, changer d’avis, réfléchir, peser, recommencer. C’est grisant.

 

Je suis née ici. Dans son studio aménagé coquettement. A raison d’une séance par semaine.

 

Petit à petit je me suis dépliée, défroissée. J’ai cessé de m’excuser, de vouloir passer inaperçue, de m’effacer.

 

Je suis née grâce à elle. Petit oisillon trop fragile. Et puis, petit à petit, à force de déplier, d’apaiser les tourments d’autrefois, de comprendre les liens entre proche passé et lointain souvenirs, l’oiseau a pris confiance.

 

J’ai le cœur lourd de la quitter. De savoir que mes semaines ne seront plus rythmées par ces épanchements, ces recherches avides, ces événements à creuser, à remettre à l’endroit.

 

J’ai appris à voler. Je vais pouvoir le faire sereinement de mes propres ailes. Sans plus craindre ni les vents contraires, ni les tempêtes. J’ai tout en main pour croire en moi.

 

Je sais que c’est le moment. Que je n’ai plus besoin d’elle, désormais. Encore quelques séances une fois par mois, toutefois, pour ne rien brusquer.

 

Et dans une semaine, le divorce !

 

Dans 2 ou 3 semaines, la signature pour l’appartement. Notre prochain nid à tous les 4 !

 

Dans 3 semaines j’aurais 35 ans.

 

Le plus bel âge. La vie commence pour moi. Elle n’a jamais été aussi belle.

 

Et jamais au grand jamais, je n’ai autant eu envie de m’y frotter qu’aujourd’hui. De plonger en son cœur, d’y boire la tasse, d’en ressortir, d’en rire.

 

VIVRE.

 

AIMER.

 

SCRAPPER (quand même !!!)

 

Et rien d’autre !

 

 

 

 

… Si ! Un peu de soleil pour la Belgique, s’il vous plaît !

 

 

Edit : Promis après j'arrête de vous saoûler avec ma zen attitude !!! 

 

Par Tazounette - Publié dans : Ce qu'on garde en soi
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 22:57

pissenlit

 

 

Je pensais sincèrement que j’aurais toujours des choses à dire. Des anecdotes à raconter, à travestir, à caricaturer ou exagérer… Et puis finalement force est de constater que non…

 

Je crois que j’ai fini l’enchaînement de mes introspections, qui, d’un anéantissement m’ont permis de renaître, ou plutôt de naître à moi-même.

 

J’ai réglé tous mes nœuds de tension, tous les enjeux qui me mettaient sous pression. J’ai fini par comprendre que je n’avais rien à prouver à personne, certainement pas devoir être parfaite en tout, puisque personne ne l’est tout à fait, quelles que soient les exigences liées à tous ces mécanismes intérieurs, qui loin de nous aider, nous maintiennent sous l’eau.

 

J’ai fini par apaiser tout ce qui en moi était insuffisant : la confiance en soi, l’estime de soi. J’ai rééquilibré tout ce qui était à un niveau si faible et je m’en suis nourrie, petit à petit pour gagner en force, en densité, dans cette peau, la mienne qui était depuis 3 décennies, trop petite pour moi…

 

Je ne sais comment décrire cette paix que j’éprouve enfin. Cette paix qui me maintient en silence alors que j’étais si prolixe lorsque tout bataillait dans ma tête.

 

J’ai mis de l’ordre. J’ai rangé un à un tous mes désordres. Je les ai nommés. J’ai apprivoisé mes peurs, mes angoisses, mes manques, mes souffrances, mes besoins, mes valeurs. Je les ai affrontés au cours d’un travail d’une richesse incroyable. J’ai trouvé enfin, dans cette petite fille que j’ai été, qui s’est détesté si souvent, j’ai tiré le fil de celle que j’aurais voulu devenir. Atténuée. Cachée sous des monceaux de principes hérités en droite ligne d’une éducation maladroite.

 

Et je suis là, aujourd’hui. Pleine et entière dans ce présent que j’aime. Dans ce demain qui se dessine déjà dès aujourd’hui, si plein des promesses que je m’étais faites en secret, sans parvenir à trouver le moyen de les réaliser.

 

Mes filles m’ont sauvée. J’ai eu la force pour me sauver grâce à elles. Je les remercie chaque jour d’être et de m’avoir permis cela…

 

Je touche du doigt la mère que je souhaitais devenir. Toujours imparfaite mais qui fait de son mieux pour les aimer, évoluer avec elles, m’excuser si je le dois, ou affirmer si je sais que j’ai raison, parfois… Elles me font confiance. Elles peuvent me faire confiance. Je les protège, sans leur mettre des œillères sur le monde, en leur expliquant chaque chose qui se présente, quand ça se présente, avec mes mots maladroits, ou ceux qui contiennent encore trop de choses qu’elles ne peuvent pas comprendre.

 

J’ai trouvé un amour inespéré. Pur, grand, à la hauteur des valeurs que nous partageons. Et je l’ai trouvé grâce à ces pages, ici. Cœur solitaire, noirci par la vie, venu s’échouer sur mes mots, trouvant ceux que j’avais besoin d’entendre, comme un guide dans mon brouillard d’alors. Une île. Grande. Rêvant d’être habitée… Et cet amour grandit, enfin, non pas vraiment, il était grand dès le départ, la place pour l’autre était déjà prête, on s’attendait je crois. Disons qu’il prend ces aises, cet amour… Au fil de nos fins de semaines, au fil de nos vacances, pliant ce calendrier parfois capricieux pour nos retrouvailles, toujours si belles. Grandes. Denses. Un amour qui se vit chaque jour, même dans les choses les plus triviales du quotidien, je le veux là et il me veut près de lui, pour tous ces instants là. Et pas uniquement pour partager le merveilleux et le bon. Non. Surtout le simple, l’évident, le constant, le vrai. De la vraie vie.

 

Même au niveau de mon travail, les choses se sont apaisées d’elles-mêmes. Comme si la fin de mon contrat qui se profile m’avait aidé à trouver dans ce que j’accomplis tout le positif nécessaire à l’accomplissement de mes tâches. Et même si ce n’est pas ce que je veux accomplir, je le fais avec le sourire. Je travaille. Je cherche du boulot quand je n’en ai pas. Et je me surprends à aimer ça.

 

Je ne sais pas encore de quoi mon avenir sera fait. Il y a cette envie de devenir conseillère en image. Il y a pourtant cette école que je vise pour y être formée et qui ne répond plus à mes demandes de renseignements.

 

Mon divorce s’approche à grands pas. Après 3 longues années de séparation, malmenée par un manipulateur décidé à gagner du temps, les choses vont enfin être réglées. Vraisemblablement début juin. Officiellement divorcée. Et j’exulte que ça approche enfin. Je n’y croirai que lorsque j’entendrai le juge le prononcer enfin, que lorsque je tiendrai ce bout de papier dans ma main tremblante. Ma fuite entérinée. Le mot fin qui s’écrit enfin en gros et en gras. Un nom à jamais séparé de moi… Et une histoire définitivement scellée, prête à être enterrée dans les abîmes de ma mémoire, aux confins de notre conscience, là où restent tapies ces choses néfastes qui font la vie et l’expérience des grandes personnes…

 

Je ne suis plus vraiment cette Taz constamment au bord de la crise de nerfs, frustrée de ne pas savoir prendre sa place dans le monde, frustrée de ne pas savoir mettre en mots de vive voix, et se lâchant sur son journal intime, pour coucher sur le papier ces ribambelles de phrases qui bataillaient dans sa tête…

 

J’ai été celle-là. Je la regarde avec tendresse, avec admiration, parce que toute seule, à la seule force de sa conviction elle a essuyé les épreuves et elle s’en est sorti comme une chef.

 

Je suis devenue indulgente avec moi-même, avec mes erreurs, avec mes maladresses, avec mes imperfections. J’y suis parvenue grâce à ce long travail qui m’a menée à la connaissance de moi-même. Je me regarde dans le miroir, et je me vois multiple. La petite fille qui manquait si cruellement d’amour, celle qui ne comprenait pas le monde, qui en était affreusement protégée, dans une famille froide si longtemps… L’adolescente complexée, mutique, dépassée par ses émotions, dont l’empathie la dévorait au point de vouloir se faire la sauveuse d’un monstre… La jeune femme qui se niait, tentant vainement de devenir une autre, de s’amoindrir, de disparaître… La mère rejetée, louve aux abois, qui, affaiblie trouve le sursaut pour sauver sa progéniture… La femme inexistante, coupable de ses moindres gestes, de ses moindres décisions… La survivante qui a tout mené de front pour parvenir à retrouver quelque chose qui ressemble à elle-même… La femme perdue qui a cherché de l’aide et trouvé ce qu’elle cherchait… La femme apeurée qui découvre la confiance, l’amour. Celui qui donne des ailes. Celui qui rend libre. Celui qui grandit… Celui qu’elle sait si bien donner à tous, juste pour elle. Enfin. Je ne nie aucune d'entre elles. Elles sont toutes moi. Une partie de moi. Une partie, un petit bout qui m'a permis d'être aujourd'hui, toute entière...

 

Voilà, c’est tout ça que j’ai écrit ici. Aujourd’hui, je n’ai plus de mots pour tout ça. Je n’en ai pas encore pour la suite. Je garde le silence comme si j’attendais. Quoi ? Je n’en sais rien encore…

 

Je ne sais pas si ces pages continueront, si elles se transformeront. Ce que je sais, c’est que je n’ai plus trop envie, ces temps-ci de parler de moi. Pas trop envie de parler de mes filles, qui poussent, qui grandissent, qui sont ma fierté, à moi.

 

Je me sens libre comme jamais. Je me sens comme ces pétales légers, ceux qui restent lorsque la fleur de pissenlit s’est éteinte… Ces espèces de plumes légères, sur lesquelles on souffle, enfant, pour les regarder virevolter au gré du vent, en ronds interminables…

 

Je suis l’une d’elle. Je flotte, aussi légère qu’une plume. Je ne sais où va le vent, mais je me sens portée par un courant d’une douceur incroyable. Tous ces combats intérieurs, menés pendant plus de 20 ans, contre moi la plupart du temps car j’ai été ma plus fervente ennemie.

 

Aujourd’hui, je suis en paix. Et toute ma victoire tient dans ces 4 mots, tout simples…

 

Que le vent souffle, et me porte aussi loin que possible !

 

Ne vous demandez pas où je suis… C’est inutile ! Je suis derrière mon écran. A vous lire en silence... Mes mains sont immobiles. Point n’est besoin d’en dire plus quand tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles.

 

Le mien. Toutes les 3 et mon Phin.

 

Mon si grand Amour.

 

 

A bientôt !

 

 

Par Tazounette - Publié dans : Ma life
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 15:09

remember-me-rob-et-sa-petite-soeur

 

Un vrai bon film. Ca faisait des lustres.


Du même accabit c’était « L’étrange histoire de Benjamin Button ».


J’ai bien vu « Shutter Island » mais bon Scorsese il a tout bien vu jusqu’au quart du film et après il a fait de la daube. Il aurait pu être bien son film, mais il est parti dans ce qu’on attendait. Et c’est con. Il a voulu nous surprendre, il a même fait super long pour ça. Mais finalement il ne nous surprend pas, et du coup, qu’est-ce que c’est long !!! ;o)

 

La semaine dernière, donc, je n’avais pas les filles. Quoi de mieux dans ces cas-là que de faire des choses inhabituelles ? J’ai donc proposé à deux de mes collègues du boulot une petite soirée cinéma. La sélection : un film qui me trottait et que la critique d’une de mes blogueuses préférée a fini de me convaincre.

 

Le film démarre très fort. Ce qui au vu du titre et de l’affiche nous surprend quelque peu. Tout de suite on se retrouve dans le vif du sujet. Le cœur de ces deux jeunes gens d’à peine une vingtaine d’années et déjà bien bousculés par cette chienne de vie. Direct on voit de quoi sont constitués ce que j’appelle le « sac à dos ». Bourrés de ces souffrances qui inévitablement nous détruisent un moment pour mieux nous construire ensuite et font cette lucidité indispensable au long chemin à parcourir. 

 

Lui s’approche d’elle sur la raison d’un plan foireux. Pour se venger. Il ne pensait pas tomber éperdument amoureux d’elle. Et vice-versa.  Et on les suit dans cet amour qui au fil de ses palpitants débuts caresse ou frappe directement sur ces cicatrices qui ne sont pas d’eux.

 

 

rob-remember-me

 

Je ne connaissais pas Robert Patinson. JE n’ai pas vu la trilogie Twilight qui l’a propulsé dans la lumière. J’avais donc un regard neuf sur cet acteur, sans l’a priori d’un tapage médiatique qui ne m’a pas effleurée sinon mettre un nom sur un visage. Le rôle lui allait comme un gant. Il a habité son personnage autant que la jeune fille qui lui donne la réplique.

 

Mention spéciale a la petite sœur du personnage principal. Et cette relation magnifique qu’ils entretiennent, lui se faisant fort de la protéger, de lui expliquer les maux de la vie, non pour l’en épargner mais pour la préparer, la soigner, en quelque sorte, m’a émue aux larmes.

 

Mention spéciale à Pierce Brosnan également qui campe ce père froid et inaccessible pour ses enfants tant dans ces gestes, regards et paroles absentes, qui sont autant de tortures pour les frère/sœur. Cette relation de non-dits provoqués par cette distance, cette souffrance des enfants qui ne comprennent pas et qui finissent par penser qu’il ne les aime pas, qu’ils ne sont pas comme il faut…

 

Comme je me suis reconnue dans ces sentiments. Pour moi ce n’était pas mon père qui portait cette hideuse figure. C’était ma mère. Celle auprès de laquelle toute la douceur du monde aurait dû venir… J’étais cette petite sœur à la créativité débordante, ignorée, qui ne parvient jamais à émouvoir la Tour d’argent placée en face d’elle si souvent alors qu’elle voudrait tant un regard ou un mot. J’aurais aimé ce grand frère protecteur au lieu de cette sœur odieuse. Bref. J’étais dans les émotions de tous ces personnages.

 

J’ai trouvé bouleversant ce tatouage du prénom de son frère sur ce cœur à lui dédié pour ne pas l’oublier. Et cette scène si forte lorsqu’il enfourche son vélo, attrape le portrait de son père dessiné par sa petite sœur et qu’il débarque à une réunion de son père… Cette colère rentrée si longtemps, l’émotion qui se mêle à sa colère et les mots qui sortent heurtés, vibrant de toutes les tragédies qu’il a vécus au nom de cette froideur, de cette rudesse. Juste pour dire qu’il aimerait juste une fois qu’il tombe le masque, pour sa sœur, pour lui.

 

Enfin un film sans les discours habituels et affligeants, chaque personnage se faisant la voix du meilleur des discours, où les parents sont les meilleurs du monde, presque sans défauts et qui dispensent tant de leçons moralisatrices. Pas ici. Pas de Happy end non plus.


 

Remember-Me-

 

Et cette fin. Bordel.

Les larmes et le cœur vrillé quand on comprend enfin.

Il faut vivre. Vivre maintenant. Dire qu’on aime. Parce que demain… On ne sait pas… Pourra-t-on encore le faire ?

 

Allez le voir si vous aimez les films qui transpirent les choses plus qu’elles ne sont dites ou montrées. Parce le film est porté par des acteurs encore neufs et que c’est bon de découvrir de nouvelles têtes.

 

Le cœur directement en ligne de mire !

 

Merci Sarah ! ;o)

 


Par Tazounette - Publié dans : Cinéma atchiiiiii tchaaa !
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 12:15

 

10042010143

 

Aujourd’hui ma grande a 5 ans.

 

Je ne peux pas lui faire de bisou, sauf à distance.

 

Son papa n’a pas son portable avec lui. Je ne peux donc même pas lui dire que sa maman pense fort, fort à elle.

 

Et puis lui dire que je l’aime et à quel point je suis fière de la petite fille qu’elle est. Autant que de celle qu’elle devient.

 

Pendant les deux petits jours où je l’ai vue la semaine dernière entre une semaine chez Papi/Mamie (qui ne leur ont pas lavé les dents durant tout ce temps, ni les cheveux je pense, mais bref, passons) et une semaine chez Papa (même tarif, ou pas !), ma fille a écrit son prénom sans se tromper et recopié des phrases entières en lettres bâtons qu’on lui avait lues et expliquées.

 

Elle grandit. Elle pousse bien.

 

Elle est gourmande. Elle aime manger et dormir. M'est d'avis qu'elle a compris l'essentiel du bon de la vie. Pour le reste, elle a déjà essuyé son premier chagrin d'amour. Puisqu'une pétasse d'Emily lui a piqué son amoureux Zacharie. Vacherie, si tôt déjà ! Inutile de dire que sa petite soeur aussi. Puisque Amalia lui a piqué son Djouma... Je vous jure, c'est les "feux de l'amour" dans leur école !!!!!!

 

Elle a déjà un petit manque de confiance en elle qu’elle compense en voulant être le chef, la maman de sa sœur, au premier plan, tout le temps.

 

« Prends le temps de vivre, ma puce. Tu as le temps pour toutes ces choses-là…

 

Les autres ne sont pas mieux que toi. Tu es TOI, tu es différente des autres. Tes points forts ne sont pas ceux des autres. Et il en est de même de tes points faibles. Ne les déteste pas, ils font partie de toi autant que tes qualités, il suffit juste de les tempérer. Nous t’apprendrons cela.

 

Je t’aime, mon petit rayon de soleil. Ton visage s’illumine dès qu’un petit sourire apparaît. Et ces grands yeux par lesquels tu bois le monde autour de toi, depuis le jour où tu as vu le jour et où tu as posé tes grands yeux sur moi, qui m’ont rendu si minuscule d’émotions et de tendresse face à toi.

 

Merveilleuse Anaïs…

 

Très bon Anniversaire à toi, ma toute belle. »

 

 

 

 

Par Tazounette - Publié dans : Mes ouailles !
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  • : Trentenaire célibattante en pleine renaissance... Secrétaire à temps plein, maman et amoureuse le reste du temps ;o) rêvant d'écriture, d'horizons nouveaux, maniant coups de gueule, coups de mous ou crises de rire, à la sauce "autodérision" !
  • : 07/05/2007

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